PÔLE 3D DANS LA VOIX DU NORD !

L’école a récemment eu droit à un bel article dans le journal la Voix du Nord, écrit par Marc Grosclaude (Textes) Et Pierre Le Masson (Photos) :

ROUBAIX L’ÉCOLE D’ANIMATION ET DE JEUX VIDÉO PÔLE IIID VA CHANGER DE DIMENSION

«Nous sommes des créateurs, des réalisateurs numériques, pas des techniciens. Chaque année, nous recevons 400 candidatures pour entrer en première année, rappelle le fondateur et directeur Antoine Durieu. Nous en éliminons 200 sur dossier et au concours, qui est dur, nous n’en gardons que 60 à 70. » Des élèves qui, après deux années de tronc commun, s’orientent soit vers le film d’animation, soit vers le jeu vidéo, après en avoir découvert puis appris à maîtriser les logiciels et techniques. Des élèves, quand ils poussent vers les 4e et 5e années, acquièrent aussi des notions de management « pour être capables de gérer un projet, un budget ». Et devenir les directeurs artistiques et réalisateurs des succès de demain. « Nos élèves travaillent en mode production, ce n’est pas un hasard si nous sommes installés dans une ancienne usine. »

Devenir aussi une école de design

Mais cette usine se fait petite, et elle le sera plus encore dans les mois et années qui viennent. Le nombre d’élèves a beaucoup progressé depuis 2003 et l’ouverture de l’école, et même si des établissements formant à l’animation 3D, on en trouve dix fois plus en France qu’il y a quinze ans. « Aujourd’hui, nous avons 270 étudiants. En 2022, nous serons 400 ou 450 », prédit Antoine Durieu. Car demain, Pôle IIID se veut être école d’art et de design, une spécialité qui manque dans une métropole lilloise qui en sera pourtant la capitale mondiale. D’où la légitimité à miser sur ce domaine, à faire des passerelles avec la 3D que manient les étudiants des écoles de l’Institut catholique de Lille, dans le giron duquel l’école est rentrée il y a un an.

Mais aujourd’hui, les salles de cours de l’école sont pleines et les locaux occupés dans le centre-ville à Eurotéléport, pour la prépa et les deux premières années, ne sont guère pratiques. Quant au labo de recherche loué à l’Imaginarium, il n’est pas non plus extensible. « Nous n’allons pas nous échapper de Roubaix. Nous avons un rôle sociétal à jouer en étant là. » D’où le « projet d’envergure » que promet Antoine Durieu et qui doit être finalisé dans les prochains mois. Il vise à regrouper les activités de Pôle IIID « dans un seul et même lieu, pas loin de la Plaine Images ». Un bâtiment qui devra avoir sa touche de design !

Primé, un jeu conçu par des étudiants consiste à aider des SDF!

Les gamins qui ont voulu y jouer lors du récent Paris Games Week, le salon du jeu vidéo, ont été un peu décontenancés. «  Ils cherchaient un pistolet pour tuer les méchants…  » Un Homme, le prototype de jeu développé par huit étudiants de Pôle IIID à Roubaix, est à des années-lumière de tout cela. L’idée ? « Émile est un ancien SDF, gérant d’un centre d’accueil menacé de fermeture. À la recherche de son meilleur ami disparu, il rencontre d’autres sans-abri et essaie de les aider. »

Des sujets de « société », ce n’est pas vraiment le genre des jeux vidéo. Et cela explique qu’Un Homme ait reçu il y a quelques jours, parmi dix autres jeux dans sa catégorie, le prix du meilleur scénario dans la catégorie étudiants aux Ping Awards. Et c’est d’autant plus remarquable que c’est la première fois que ce prix récompense un jeu créé par des étudiants de Pôle IIID.

Un Homme n’est qu’une ébauche, qui n’offre une durée de jeu que de 45 minutes mais dans un univers graphique riche. C’est un travail de fin d’études qui a quand même pris une année à cette équipe de huit apprentis concepteurs formés à Roubaix, en cinquième et dernière année de leur cursus. « Ils ont fini leurs études il y a un mois, explique Antoine Durieu, le directeur de l’école. Il y a la satisfaction de la récompense remise par des professionnels de jeu vidéo mais aussi un gros plus sur leur CV. » Pour eux, c’est clairement une référence à montrer aux recruteurs. Qui, veut croire Antoine Durieu, sont de plus en plus tricolores. « Nous sommes dans un petit milieu, très international. Nous avons pendant des années formé des étudiants qui partaient aux États-Unis, au Canada. Avec les réformes comme le crédit d’impôt, les aides de la région, cela va beaucoup mieux en France et nous arrivons à garder nos talents. »

 
Share This